Les RNL 2015

Bilan des 3èmes RNL

Les libraires indépendants se mobilisent pour leur avenir

Après Lyon en 2011 et Bordeaux en 2013, les troisièmes Rencontres nationales de la librairie se sont tenues à Lille Les 21 et 22 juin. Avec plus de 800 professionnels présents, dont 600 libraires et de nombreux éditeurs, cette manifestation a connu une affluence inédite à la hauteur de la mobilisation et des enjeux actuels de cette profession.

Avec une population stable de 3000 entreprises et un chiffre d’affaires en hausse en 2014, les librairies indépendantes représentent le premier circuit de vente de livres en France et surprennent par leur dynamisme et leur réussite commerciale. Si, pour beaucoup d’entre elles, le poids de leurs charges et la faiblesse de leur rentabilité demeurent préoccupants, les lecteurs et les clients les plébiscitent car elles demeurent les seules à offrir une expérience et des services basés sur la relation humaine, l’animation culturelle au cœur des quartiers et des centres-villes et une offre à la fois sélectionnée, riche et non standardisée.

Libraire, un métier d’avenir ! Tel était donc le titre de ralliement de ces troisièmes Rencontres qui ont été marquées par trois temps forts : les débats d’actualité autour des enjeux qui animent la profession, les éclairages étrangers et universitaires sur les librairies françaises et l’intervention de la ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin qui a marqué de sa présence ces Rencontres.

Les principaux enjeux professionnels débattus au cours de ces deux journées ont été :

  • le développement des sites collectifs permettant aux libraires d’être acteurs d’Internet et du numérique,
  • le rôle et les spécificités des « petites » librairies qui représentent les 4/5es de la profession,
  • les actions à mettre en œuvre pour permettre aux libraires de rester présents sur les marchés publics d’achat de livres par les bibliothèques et les écoles,
  • la formation et l’accompagnement, notamment pour les jeunes libraires nombreux à entrer dans le métier, créer ou reprendre des librairies,
  • les actions communes à promouvoir entre éditeurs et libraires afin d’assurer l’accès au public pour l’édition de création, notamment en sciences humaines,
  • le lancement de l’Observatoire de la librairie pour aider les libraires à piloter leur librairie grâce à des indicateurs de gestion qu’ils peuvent comparer à ceux de leurs confrères. L’Observatoire comptera 200 libraires adhérents dès la fin de l’été.

Les Rencontres nationales de la librairie ont également été un temps de réflexion et de prospective sur l’avenir des librairies et du livre en présence de libraires étrangers et de chercheurs, sociologue, historien, économiste ou anthropologue. Il en ressort trois principales conclusions :

  • l’importance des politiques publiques en France à prix unique, aides…à, pièces maîtresses de l’exception culturelle. Ces politiques publiques expliquent, pour une bonne part, la bonne tenue du marché du livre et des librairies par rapport à de nombreux pays étrangers,
  • la force et la modernité du livre physique,
  • le rôle singulier de la librairie, lieu d’exposition de la diversité éditoriale et commerce singulier au cœur des villes.

La ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, a dressé le bilan du Plan librairie lancé en 2014. Celui-ci a permis de ramener au taux réduit de 5,5% la TVA sur le livre afin d’en favoriser la diffusion, de renforcer le prix unique du livre pour une concurrence plus équilibrée entre les circuits physiques de vente de livres et Internet, et, en dernier lieu, de mobiliser plus de 12 millions d’euros pour soulager la trésorerie des librairies, faciliter leur transmission ou accompagner leurs investissements lors de créations, de reprises, d’agrandissements ou de développement de sites Internet.

Fleur Pellerin a rappelé qu’elle n’était pas favorable à la généralisation de l’ouverture le dimanche pour les commerces culturels. Elle a annoncé l’extension du dispositif de prêts aux libraires géré par l’IFCIC (Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles). Elle a également affirmé sa volonté de trouver, en concertation avec le ministère de l’Économie, des solutions favorisant le maintien des librairies indépendantes sur les marchés publics. Enfin, elle a proposé que son ministère accompagne les libraires dans le renouvellement de la politique de formation qu’ils ont engagée autour du SLF et de l’INFL.

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